SYMPOSIUM  
Cool and Comfort 104 – février 2025

Sommet ATMO Europe 2024 – « There is no planet B »

Le sommet ATMO Europe s’est déroulé les 25 et 26 novembre 2024. Alors que les premiers sommets se tenaient invariablement à Bruxelles, les dernières éditions ont vu l’organisateur ATMOsphere se tourner vers d’autres pays. Après la Pologne, l’Italie et l’Espagne, c’est au tour de la République tchèque. Le grand avantage de ce changement de lieu réside dans la présence d’un grand nombre de primo-participants. Dès lors, le message selon lequel un passage aux réfrigérants naturels serait la seule option pour un secteur de la réfrigération durable et respectueux du climat ne cesse de gagner du terrain.

Pour qui l’ignorerait encore, la société ATMOsphere (Shecco) fondée en 2007 est un accélérateur de marché mondial indépendant qui oeuvre pour une réfrigération respectueuse du climat et l’usage de réfrigérants naturels. Aujourd’hui, la marque ATMOsphere propose une solution unique aux investisseurs, utilisateurs, fabricants et équipementiers soucieux de développer et d’améliorer des solutions de réfrigération. La puissance de la marque ATMOsphere est renforcée par un réseau comptant plus de 50.000 décideurs politiques, utilisateurs, universités, fabricants, parties prenantes et autres acteurs connexes. Affichant plus de 2.200 intervenants et 18.500 participants, le sommet ATMO Europe 2024 fut le 78e ATMO event.

Dirty vs. clean cooling

« La réfrigération sale aux HFO, HFC, HCFC et CFC représente encore près de 95% des solutions de réfrigération à l’échelle mondiale », selon Marc Chasserot, PDG d’ATMOsphere. « En revanche, nous proposons une réfrigération propre aux CO2, HC, ammoniac, eau et air. Aujourd’hui, ces solutions ne représentent que 5% à peine ! Nous sommes à la veille d’une révolution. La transformation a commencé, mais le raz-de-marée se fait encore attendre. L’Union européenne vient d’adopter sa nouvelle réglementation sur les gaz à effet de serre. Dès lors, il ne fait aucun doute que nous ferons des émules sur les autres continents. Les fabricants qui misent aujourd’hui sur des solutions de réfrigération reposant sur des réfrigérants naturels prennent une avance technologique dont ils ne manqueront pas de récolter les fruits. »

« Nous devons continuer à miser sur les réfrigérants naturels, parce que les jeux sont loin d’être faits », selon Nadine Neuberger (TEKO Refrigeration). « Je pensais que cette discussion était derrière nous, mais lors du Chillventa 2024, j’ai été frappée par notre retard. S’il est vrai que diverses de solutions reposent sur des réfrigérants naturels, leur nombre est très inférieur à celui des solutions basées sur des réfrigérants chimiques. Sur les marchés commerciaux et industriels, la conversion est effective, mais dans le domaine résidentiel, c’est une autre affaire. »

Olivier Liégeois (Copeland) estime aussi que la tâche est encore vaste dans le domaine de la réfrigération commerciale. « Les exploitants de grandes installations optent massivement pour la réfrigération naturelle, mais ceux d’installations plus modestes n’en sont pas encore là. L’adoption d’installations de réfrigération au CO2 s’impose d’urgence dans ce secteur parce qu’elles constituent la seule solution à long terme ! Mais dans un environnement urbain, d’autres facteurs entrent en jeu : espace d’installation restreint et fonctionnement silencieux. »

Lutte de l’AIE/EIA contre le commerce illégal

La nouvelle réglementation sur les gaz à effet de serre a fait l’objet d’un débat animé. Il convient d’observer que le représentant de la Commission européenne n’a soufflé mot sur le commerce illégal des réfrigérants chimiques. Peut-être parce que d’aucuns saisissent que, sans le commerce illégal, le prix de revient de certains réfrigérants crèverait davantage le plafond ? L’Agence d’investigation environnementale surveille de près le commerce illégal et met à disposition des rapports fiables à ce sujet. Une étude antérieure a révélé que la Roumanie était la porte d’entrée privilégiée du marché européen, cet honneur douteux revient désormais à la Bulgarie. Les pays d’origine des réfrigérants illégaux sont principalement la Turquie et la Chine ; les principaux clients sont la Grèce, l’Allemagne, la France, l’Italie, le Portugal et l’Espagne.

Jan Geeraerts, (Carrefour Belgium), s’est livré à une présentation sur les innovations énergétiques et la stratégie CO₂ adoptée par Carrefour. « 75% des établissements Carrefour sont équipés d’installations de réfrigération au CO2 et l’entreprise ambitionne d’en convertir la totalité d’ici 2030. Concernant les franchisés, leur taux de conversion s’élève à 30% et leur transformation se poursuit. Encore un conseil : n’hésitez pas à équiper les meubles réfrigérés de portes vitrées. Nous avons joué cette carte à fond (superficie de nos portes vitrées supérieure à 4,2 km2). Cette approche n’a aucun impact commercial négatif ; elle ne se traduit que par une réduction significative de la consommation d’énergie. Durée d’amortissement de cet investissement : huit mois à peine. »

Innovation of the Year Awards/Europe

Cet événement a vu la remise traditionnelle des ATMO Awards/Europe. Les prix du public ont été décernés dans deux catégories. Lauréats : Fenagy avec sa pompe à chaleur R600a eau/eau HCI-1000 de 1 MW (Innovation de l’année/pompes à chaleur) et OLAB, fabricant de joints d’étanchéité sans PFAS équipant les composants pour installations au CO2 (Innovation de l’année/réfrigération). En outre, un jury composé d’experts a également attribué plusieurs prix au détaillant suisse Migros Ticino pour ses installations de réfrigération au COmontées dans 32 de ses 33 supermarchés, à Nestlé pour sa conversion aux réfrigérants naturels depuis 1986 ainsi qu’au Professeur Michael Kauffeld de l’Université de Karlsruhe pour ses recherches sur les PFAS et les TFA.

Rendez-vous au prochain sommet ATMO Europe organisé en octobre 2025 à Zagreb, capitale de la Croatie.

Par Rudy Gunst

www.atmosphere.cool

Crédit photo : US National Toxicology Program

Photo : ATMOsphere

Photo : ATMOsphere

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