21e conférence européenne RACHP – L’avenir du refroidissement
21e conférence européenne RACHP – L’avenir du refroidissement
Les nouvelles technologies de réfrigération, de climatisation et de pompes à chaleur étaient à l’honneur les 12 et 13 juin 2025 au Politecnico di Milano. Le bâtiment majestueux, qui invite à la réflexion et à la recherche d’un équilibre entre les technologies existantes et nouvelles, n’a toutefois pas empêché les discussions d’être parfois animées, notamment lorsqu’il fut question des réfrigérants naturels ou chimiques. Les modérateurs ont dû intervenir régulièrement pour maintenir la convivialité dans les débats, ce qui illustre l’importance de la conférence. Les participants étaient de tous bords – fabricants, utilisateurs finaux, universités, fédérations professionnelles, groupes de pression, instituts de recherche – et représentaient plusieurs tendances (progressiste, modérée, conservatrice). Les divergences de vue étaient donc normales.
‘The 21st European RACHP Conference on new technologies for RACHP’ est organisée par l’UNEP, l’IIR et le Centro Studi Galileo, en collaboration avec l’AREA, l’ATF et le REI. Cet événement international (qui accueille des participants venant de Chine, du Japon, des Etats-Unis, de la République démocratique du Congo, d’Afrique du Sud et du Burkina Faso) vise à offrir, à travers un programme de deux jours très chargé, un aperçu global des tendances et des défis qui attendent l’industrie du froid aujourd’hui et dans les décennies à venir. Une tâche complexe, mais contre toute attente, l’organisation parvient à relever le défi tous les deux ans. Comme déjà mentionné, les participants s’attendent à un programme intense car les présentations passionnantes se succèdent à un rythme soutenu. L’organisation veille également à laisser une place aux discussions, parfois intenses.
Formation et entraînement
« La Conférence européenne sur les technologies RACHP constitue la principale plateforme pour découvrir les dernières avancées dans le secteur en constante évolution », déclare Marco Buoni, directeur technique du Centro Studi Galileo. « Parmi les thèmes abordés figurent l’environnement, la transition écologique, l’efficacité énergétique, la réglementation européenne et l’introduction de réfrigérants alternatifs. Nous les avons réparti en cinq sessions thématiques : Nouveaux réfrigérants et législation sur les gaz F ; Equipements et composants utilisant des réfrigérants alternatifs ; Législation, formation et certification ; Refroidissement vert, pompes à chaleur et efficacité énergétique ; Intelligence artificielle, chaîne du froid et maintenance prédictive. »
« Attirer et fidéliser le personnel qualifié est l’un des principaux défis auquel le secteur est confronté depuis des années », explique Coen van de Sande, président de l’AREA. « Il y a de nombreuses raisons à cela, allant des idées fausses à un manque de visibilité du secteur et de compréhension de son avance technologique et de son rôle social. Parallèlement, une formation régulière est nécessaire pour s’adapter aux évolutions technologiques rapides et à la transition vers des réfrigérants alternatifs. Il est donc essentiel de communiquer sur notre pertinence sociétale et la contribution positive du secteur au quotidien des citoyens afin d’attirer des nouveaux talents : les jeunes, les femmes et les professionnels d’autres secteurs de l’installation, plus particulièrement les chauffagistes et les plombiers. Cependant, il ne faut jamais perdre de vue l’aspect sécurité. C’est pourquoi la formation continue et une certification attestant de la compétence professionnelle sont indispensables pour prévenir les accidents, les blessures et les décès, notamment dans le cas de systèmes utilisant des réfrigérants alternatifs, dont nous savons qu’ils présentent tous des risques pour la sécurité. »
Commerce illégal
Russell Patten (directeur général d’EPEE) a profité de l’occasion pour s’adresser à la représentation de la DG Clima de la Commission européenne. L’un de ses points d’attention est le commerce illégal des réfrigérants, un sujet sensible depuis longtemps qui, s’il n’est pas résolument combattu, fera une utopie de la réglementation sur les gaz F 3.0. « Le commerce illégal des réfrigérants a augmenté ces dernières années en raison de plusieurs facteurs : la raréfaction croissante de certains HFC, la hausse des prix des réfrigérants, l’accélération de la phase de suppression dans le cadre de la législation 3.0 sur les gaz F, combinée à l’interdiction d’utiliser des réfrigérants ayant un GWP élevé. L’EPEE veut sensibiliser davantage au niveau européen et des Etats-membres. À cette fin, nous collaborerons étroitement avec les fédérations professionnelles nationales afin qu’elles puissent à leur tour attirer l’attention de leurs responsables politiques et décideurs nationaux et régions sur cette problématique. Nous aiderons les autorités à formuler des recommandations et des lignes directrices sur la meilleure manière de lutter efficacement contre le commerce de réfrigérants illégaux et nous mettrons à disposition notre expertise pour élaborer une législation stricte, sans lacunes juridiques permettant encore le commerce illégal des réfrigérants. »
L’installateur est responsable
La responsabilité de l’installeur en matière de technique de refroidissement est grande. Lors de récentes procédures judiciaires, il a déjà été sanctionné à plusieurs reprises pour des accidents liés à des installations de refroidissement. « L’installateur est tenu de vérifier la conformité technique et légale du système et d’apporter les modifications nécessaires pour garantir la sécurité », prévient Marco Masini, président d’ASERCOM. « Cela signifie qu’une analyse des risques préalable est obligatoire si l’installateur suspecte l’existence d’un danger, tout comme l’étude des limites d’une utilisation inappropriée. N’oublions pas qu’un produit sûr est un produit qui, dans des conditions d’utilisation normales ou raisonnablement prévisibles, ne présente aucun risque ou seulement des risques minimes, compatibles avec l’utilisation du produit et jugés acceptables conformément à un niveau élevé de protection de la santé et de la sécurité des personnes. Un autre thème concerne la responsabilité des installateurs de systèmes, car les tribunaux ont déjà condamné à plusieurs reprises des installateurs pour négligence ou faute en cas de dysfonctionnements ayant entraîné des dommages importants. L’installateur joue un rôle actif dans l’analyse des risques et ne doit surtout pas se contenter d’exécuter passivement les instructions du client. L’installateur est le professionnel, pas l’utilisateur final ! »
District cooling
« Alors que les villes sont confrontées à une hausse des températures et à une demande croissante en froid, le refroidissement urbain (DC) s’impose comme un élément clé du développement urbain durable », déclare Andrea Voigt de The Cool Coalition. « L’objectif d’un refroidissement à émissions quasi nulles d’ici 2050 est ambitieux, mais réalisable. Le succès dépend d’une approche holistique : réduire les besoins en refroidissement grâce à une meilleure conception des bâtiments et un meilleur aménagement urbain, optimiser l’efficacité des technologies de refroidissement, éliminer progressivement les réfrigérants à GWP élevé et décarboniser la production d’électricité. Le refroidissement urbain fait partie intégrante de cette transition. En regroupant la demande, les systèmes DC peuvent mettre en œuvre des solutions efficaces sur le plan énergétique et exploiter le froid résiduel disponible ou des sources gratuites telles que l’eau de mer, les lacs ou les terminaux de GNL, et faciliter l’introduction à grande échelle de réfrigérants à faible GWP. Toutefois, cela nécessite des cadres politiques solides et des investissements considérables pour surmonter les obstacles commerciaux et réglementaires. »
La 22e Conférence européenne RACHP se tiendra les 10 et 11 juin 2027 au Politecnico di Milano.
Par Rudy Gunst
Crédit photo: Centro Studi Galileo











