Le CO2 comme réfrigérant pour les applications commerciales de puissance moyenne

Le vendredi 13 mars 2026, Celsis a organisé au Golf & Business Club De Scherpenbergh à Lieren (Pays-Bas) un séminaire consacré au réfrigérant naturel CO2 dans les applications commerciales de puissance moyenne. Comme lors des éditions précédentes, l’entreprise a proposé un programme captivant, réunissant des intervenants aux profils variés qui ont abordé le sujet sous différents angles.

Rudy
Gunst
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A l’échelle mondiale, les supermarchés engloutissent 3% de la production annuelle d’énergie, et près des trois quarts de cette énergie sont consacrés à la réfrigération.

« Le CO2 n’est plus une technologie d’avenir depuis longtemps », lance d’emblée Edwin Ernst, directeur commercial chez Celsis. « De plus en plus de projets exigent un réfrigérant (naturel) présentant un GWP très faible, un cadre réglementaire strict et une efficience élevée. Mais le CO2 impose de faire les bons choix en matière de conception, de sélection des composants, de sécurité, de formation et de certification. Je vais vous présenter quelques chiffres qui montrent que nous devons nous préparer sérieusement à l’avenir. Savez-vous quelle quantité de réfrigérant (vierge), exprimée en équivalent CO2, pourra être mise sur le marché à partir de 2030 par rapport à la situation actuelle ? Elle sera réduite de 78% et seuls 22% du volume actuel seront autorisés ! Un second défi se profile : dès 2032, l’utilisation de fluides neufs ayant un GWP supérieur à 750 sera interdite pour la maintenance d’équipements fixes. Seuls les réfrigérants recyclés ou régénérés pourront être utilisés. L’Union européenne, via l’ECHA, étudie par ailleurs une interdiction générale des substances PFAS, y compris certains gaz F utilisés comme réfrigérants. Nous savons cependant que le processus décisionnel européen est lent. Une décision est attendue en 2029 – la phase de consultation s’achèvera mi-2028 – mais de nombreux réfrigérants synthétiques se trouvent dans la zone à risque. Les réfrigérants naturels – CO2, ammoniac, propane – ne sont pas concernés. »

« Mon but est-il de vous faire peur ? Absolument pas. Mais nous savons tous que notre secteur traverse une période mouvementée. La suppression progressive des réfrigérants classiques est exacerbée par les incertitudes liées aux PFAS, tandis que la pénurie de main d’œuvre qualifiée devient, elle aussi, problématique. Le secteur est en pleine effervescence, et les défis doivent être relevés ensemble. Chez Celsis, nous nous engageons à faire en sorte que les professionnels puissent continuer à exercer leur métier : installer, réparer et entretenir les installations. »

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Groupe de condensation SCM Frigo Cubo2 Smart UMT utilisant le réfrigérant CO2.
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© Danfoss

N’oubliez pas la récupération de chaleur

« Le CO2 n’est pas une solution miracle mais de nombreuses applications commerciales MT/T sont envisageables », indique Peter Staal, spécialiste R744 chez Celsis. « Avec un GWP inférieur à 1, des besoins en maintenance réduits par rapport aux installations à l’ammoniac et une classe de danger A1 (non inflammable), nous sommes déjà sur la bonne voie. Attention cependant : bien que le CO2 soit classé comme non toxique, il devient très dangereux à des concentrations supérieures à 5% en volume. Le point critique du CO2 sur le diagramme pH est atteint à 31°C et 73,6 bars. Mais qu’est-ce que le CO2 au juste ? Bonne question. Sa densité est trop faible pour qu’on puisse le qualifier de liquide, et trop élevée pour être un gaz. Ce n’est pas non plus un mélange liquide-gaz mais une substance à mi-chemin entre les deux. »
Peter Staal a passé en revue les principaux points à prendre en compte, le choix de conception, la législation, les exigences et la sécurité liés au choix d’une installation au CO2 dans des applications commerciales jusqu’à une puissance moyenne. Il a abordé la récupération de chaleur, où le CO2 est performant pour deux raisons : les températures élevées du gaz comprimé et le pouvoir calorifique important. « Essayez de convaincre votre client d’intégrer la récupération de chaleur à son installation au CO2 », ajoute Peter Staal. « On oublie parfois qu’une quantité non négligeable de chaleur est libérée, et il est essentiel de la valoriser. »
La gamme a ensuite été présentée en détail, avec un focus sur le portefeuille de SCM Frigo, le fabricant italien qui, à l’instar de Celsis, est membre du groupe Beijer Ref. Le public a manifesté un vif intérêt pour les kits de réfrigération complets (incluant une unité de condensation, un évaporateur ECO, des régulateurs, une détection de gaz, un ruban chauffant) avec, en option, un module d’extension, un coffret de régulation, des bras de fixation, des signaux externes, une conduite de refroidissement, des vannes, un clapet anti-retour, des pièces en T, des coudes, des manchons, etc.

Danfoss Smart Store Solutions

Patrick Clardy de chez Danfoss a donné une présentation inspirante sur un projet de durabilisation réussi : un supermarché opérationnel situé à Nordborg (Danemark), à deux pas du siège de Danfoss. Ce Smart Store, conçu pour être économe en énergie, fonctionne en conditions réelles avec de vrais clients tout en intégrant des solutions avancées de réfrigération, de congélation et de chauffage. Une attention particulière a été portée à la mise en place des appareils à des fins de démonstration, l’ensemble étant surveillé en direct.
« Le Danfoss Application Development Center est le lieu idéal pour les équipementiers, les entrepreneurs, les détaillants alimentaires et les ingénieurs de Danfoss souhaitant développer de nouvelles technologies et solutions visant à améliorer l’efficacité énergétique et opérationnelle dans la distribution alimentaire », déclare Patrick Clardy. « Pour la première fois, toutes les solutions technologiques et écoénergétiques les plus avancées de Danfoss sont réunies dans un magasin. Le développement durable est parfois perçu avec une certaine réserve, mais aujourd’hui, un supermarché sur trois est équipé d’une installation de réfrigération au CO2. L’Europe est considérée comme le leader mondial, suivie par le Japon. »
« La transformation de notre secteur vers un avenir durable est une nécessité », conclut Edwin Ernst. « La collaboration et les partenariats au sein de la filière, le partage des connaissances et l’intervision prennent plus d’importance et constituent, selon nous, la seule voie possible. Ensemble, nous sommes capables d’adopter des solutions pérennes, de relever les défis et de faire évoluer le secteur. »

Photos: Celsis

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